vendredi 26 juin 2015

13e dimanche - année B


« Dieu n’a pas fait la mort » (Sg 1, 13).
Quelle parole étrangement belle, quel paradoxe magnifiquement serein ! A force de voir des gens, des familiers, des amis, mourir autour de nous, à force de lire dans les journaux les titres catastrophiques et les avis de décès, il se peut que nous ayons perdu l’évidence de cette vérité : « Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants » (Sg 1, 13). Car lorsque deux vérités semblent en concurrence, nous avons tendance à nous arrêter à celle qui est la plus visible, pour laisser de côté celle qui est la plus réelle. C’est vrai, nous sommes touchés, blessés, à chaque fois que la mort vient nous enlever l’affection d’un proche. Et de cette blessure, qu’on appelle pudiquement le deuil, on ne guérit pas ; c’est une blessure durable. Pour autant, n’est-il pas plus vrai encore que Dieu est source de vie ? Et ce serait une faute logique de penser qu’il puisse y avoir une contradiction en Dieu : Dieu source de vie serait-il également source de mort ? Dieu qui est vivant et vivifiant se situe tout entier du côté de la vie, et il n’est nullement lié avec la mort. Il n’y a entre lui et la mort aucune complicité possible.  
Il nous faut donc arrêter d’accuser Dieu lorsque la mort nous révolte. Lorsqu’un homme meurt, ce n’est pas Dieu qui l’a tué – il est absurde de penser cela. Au contraire, si la mort nous révolte, comprenons que Dieu est bien plus révolté, bien plus attristé que nous : « il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants » (Sg 1, 13). Car à chaque fois qu’un homme meurt, cela rappelle l’échec originel du projet de Dieu. Il les avait « tous créés pour qu’ils subsistent ; ce qui naît dans le monde est porteur de vie » (Sg 1, 14). Tel était le projet du Créateur en faveur de ses créatures. L’intention de Dieu se situe toujours du côté de la vie, de « la vie en abondance » (Jn 10, 10), de « la vie éternelle » (Dn 12, 2 ; Mc 10, 17 ; Jn 10, 28 ; etc.).
Mais alors, d’où vient la mort ? Elle ne vient pas de Dieu – c’est dit. Mais d’où vient-elle ? A cette question la Bible n’apporte qu’une réponse allusive, imagée, métaphorique. C’est le très vieux récit du Jardin (Gn 3). Sans retenir tous les symboles contenus dans ce texte difficile, relevons simplement le nom de cet arbre par lequel tout est arrivé : « l’arbre de la connaissance du bien et du mal » (Gn 2, 17). Qu’est-ce que cela signifie ? Cela indique que le projet de Dieu était que l’homme et la femme connaissent le bien, et que l’homme et la femme ont choisi de connaître le bien et le mal. Au bien sans mélange que Dieu prévoyait, qui devait s’épanouir en pur amour, pur bonheur, pure vie, l’homme a voulu substituer un bien mélangé avec du mal… qui donne de l’amour et de la haine, du bonheur et du malheur, de la vie et de la mort. Désormais, par la folie de l’homme, le mal a été greffé au bien, la mort a été greffée à la vie. Désormais, on ne peut plus vivre sans devoir mourir un jour. Il n’est pas possible de comprendre ce choix de l’humanité ; c’est une décision irrationnelle, sans fondement, aléatoire. Le mal est sans raison, et donc incompréhensible. On ne peut pas comprendre la mort. La question : “Pourquoi la mort ?” ou bien : “Pourquoi untel est-il mort ?” sont de fausses questions, de mauvaises questions, qui conduisent le plus souvent à mettre Dieu en accusation. La seule vérité, c’est que « Dieu n’a pas fait la mort » (Sg 1, 13) et que la mort n’a pas de raison d’être, ni aux yeux des hommes, ni aux yeux de Dieu. Dieu n’a pas voulu la mort, il ne l’a pas créée, et, en fait, il ne s’y résigne pas.
Car voilà toute la force de la foi biblique. Une fois que le non-sens de la mort est débusqué, Dieu ne nous laisse pas dans le désarroi de notre souffrance, seuls face à l’absurde. L’auteur sacré ajoute que la mort n’a pas le dernier mot : « La puissance de la mort ne règne pas sur la terre, car la justice est immortelle » (Sg 1, 14-15). Si, dans un premier regard désespéré nous avions constaté que nos proches disparaissent les uns après les autres, nous découvrons aussi qu’il y a des choses qui demeurent : la justice est immortelle, l’amour est immortel, la vérité est éternelle. Et cette éternité que nous voyons à l’œuvre sur terre n’est qu’un reflet de l’éternité de vie que Dieu veut nous donner. En constatant, dans la douleur, que l’amour ne s’éteint pas dans la mort, nous pressentons déjà, en espérance, que la vie est éternelle et que ceux qui nous ont quittés ne sont pas détruits, qu’ils ne sont pas anéantis. Les miracles de résurrection que Jésus a accomplis (Mc 5, 21-43 ; Jn 11), et, surtout, la lumière du matin de Pâques apportent désormais la preuve définitive sur toutes ces questions : le Christ est mort et ressuscité. Alors que nous avons voulu connaître le bien et le mal, la vie et la mort, alors que nous avions associé le malheur au bonheur, le Christ nous sauve en greffant la résurrection sur la mort. Désormais, il n’est plus possible de mourir sans ressusciter ; voilà ce qu’ont vu quelques femmes apeurées et un groupe de disciples un peu lâches, un dimanche matin, devant un tombeau sans cadavre : vie – mort – résurrection. Parce que, dans la péripétie de l’histoire humaine, seule la bonté de Dieu est vraiment définitive.


jeudi 18 juin 2015

12e dimanche - année B


« Frères, l’amour du Christ nous saisit » (2Co 5, 14). Dans cette confidence, saint Paul nous révèle quelque chose de cette expérience mystique qui l’a terrassé sur le chemin de Damas. Le texte grec suggère même une certaine violence, une certaine urgence : c’est avec empressement que la charité du Christ est à l’œuvre. En un instant, alors qu’il était animé de sentiments de vengeance, saint Paul a été « saisi », bouleversé par l’amour délicat et fort de Jésus qui se manifestait à lui. Et cette rencontre décisive l’a conduit à devenir Apôtre, à consacrer désormais toute son énergie, toute son intelligence à connaître et à faire connaître « l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance » (Ep 3, 19).
Il nous est bon de revenir ainsi, avec saint Paul, sur ce qui fait le dynamisme de l’apostolat de l’Eglise. Ce qui frappe d’abord l’Apôtre, c’est le contraste : « un seul est mort pour tous » (2Co 5, 14). Il est difficile, aujourd’hui comme hier, d’imaginer que tous les hommes puissent se convertir au Christ. Dans nos familles, dans notre entourage, nous avons parfois le sentiment d’être le seul chrétien. Et c’est vrai, lorsqu’on se dit chrétien, on se sent vite un peu isolé. Cela est une souffrance ; mais c’est aussi quelque chose qui est inscrit dans la logique même du Christianisme. Jésus aussi était seul sur la Croix, abandonné même par ceux qui auraient dû le soutenir alors (Jn 16, 32). Et ainsi, seul, il est mort pour tous. Paul également a vécu cela : rejeté par les Juifs qui se sentaient trahis, mal accepté par les chrétiens qui s’en méfiaient, il devait se sentir parfois bien seul et incompris (2Co 11, 24-33). Chacun, à sa mesure, dans les circonstances particulières de sa propre vie, peut faire cette douloureuse expérience. Mais la logique du Christianisme dépasse cette solitude. On a beau se croire un chrétien isolé, privé de soutiens humains, on peut donner à sa vie une valeur universelle. Car le rôle de l’Apôtre, du prêtre, du chrétien, c’est, à la suite du Christ, de prier pour tous, de croire pour tous, d’aimer pour tous, de vivre pour tous. Si le chrétien, conscient de sa solitude, passe sa vie à s’y complaire ou à s’en lamenter, cela ne va pas bien loin. Mais justement, « le Christ est mort pour que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes » (2Co 5, 15), sur leurs petits désarrois ou leurs grands problèmes, leurs petites inquiétudes ou leurs grandes souffrances. Non, un chrétien ne passe pas son temps à se regarder dans un miroir et à hésiter. Le chrétien regarde le Christ mort et ressuscité, et ainsi, il est poussé à se tourner vers les autres pour les aimer et pour les servir.
Si le Christ était resté dubitatif quant à sa mission d’aimer et de sauver les hommes, si saint Paul avait passé sa vie à se plaindre des adversités qu’il rencontrait, si les chrétiens se laissaient aller au repli et au découragement, alors plus personne ne saurait que Dieu veut sauver tous les hommes. Thérèse de Lisieux avait vu, avec une étonnante lucidité, ce qui se passerait si le découragement venait à l’emporter sur la charité : « Je compris – dit-elle – que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Eglise, que si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Evangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang »[1]. Imaginez, en effet, ce que serait cette Eglise de muets, de peureux, d’indécis, de lâches… quel mauvais témoignage cela serait quant à la charité ! Quel piètre spectacle cela ferait alors que Dieu nous a aimés !
Mais si saint Paul a donné sa vie pour les Eglises qu’il fondait, si chaque prêtre souffre pour les fidèles qui lui sont confiés, si chaque chrétien prie pour sa famille et ses proches, alors la mort de Jésus « pour tous » pourra réellement, concrètement, rejoindre tout homme. Il est inutile de répéter comme un dogme absolu que Jésus est mort pour tous les hommes en restant tranquillement assis sur sa chaise, en se réfugiant dans un confort douillet et égoïste, en se désolant à la première contrariété. Ce serait démentir en acte cette vérité de la foi. En revanche, celui qui, sachant que Jésus est mort pour tous, est « saisi par l’amour du Christ » au point de consacrer sa vie, dans l’Eglise, au service de ses frères, celui-là traduit la vérité dans ses actions.
Evidemment, ce serait mieux que tous les hommes aient accueilli le message de Jésus ; il serait plus digne, même, que Jésus ne soit pas mort, qu’il n’ait pas été tué ; ou bien, à la rigueur, il aurait été moins lamentable que Jésus ne soit pas mort seul, que quelques uns de ses disciples aient eu la force de tenir avec lui dans la foi et l’aient accompagné dans son offrande ; saint Pierre (Mt 26, 35 ; Mc 14, 31) et saint Thomas (Jn 11, 16) ont eu l’illusion d’avoir ce courage. A ce compte là, il aurait mieux valu qu’Adam n’écoute pas Eve et qu’Eve ne soit pas tentée par le serpent… mais cela, c’est de la fiction ; on voit bien que la réalité est différente et que c’est dans ce monde réel quil nous faut annoncer en parole et en actes l’amour de Dieu pour les hommes. Il reste donc le mystère de cette solitude, austère, aride, profonde ; c’est un fait, indéniable : « un seul est mort pour tous ». Mais si nous avons le sentiment d’être chrétiennement seuls, alors nous pouvons nous associer à la solitude du Christ, et découvrir dans cette communion la grâce de vivre et de prier avec lui pour tous les hommes.




[1] Thérèse de l’Enfant Jésus, Manuscrit B, 3 v°. 

jeudi 11 juin 2015

11e dimanche - année B

Les deux paraboles de l’évangile (Mc 4, 26-34) ont en commun de parler d’une semence : qu’il s’agisse du blé ou de la graine de moutarde, le sens est le même, chargé de toutes les images portées par une société agricole. Explorons quelques-uns de ces symboles.

Il faut tout d’abord relever que les semailles sont un renoncement ; tout le principe de l’agriculture est là : il s’agit de s’abstenir de consommer une partie de la récolte pour assurer la récolte de l’année suivante. Si un grain de blé donne un épi de trente grains (cf. Mc 4, 8 ; 20), et si je veux avoir l’an prochain la même récolte que cette année, il me faut épargner un trentième de la récolte de cette année pour avoir de quoi semer ce qui me nourrira l’an prochain. Le fondement de l’agriculture est donc qu’on ne peut pas tout consommer ; c’est un principe de modération. C’est un petit renoncement au profit d’une fécondité future. Notre société ‘‘de consommation’’ a oublié ce que cela voulait dire : renoncer. Cela voulait dire qu’on pouvait avoir faim alors qu’il restait du grain qu’il était interdit de consommer. Cela exigeait de la maîtrise de soi pour ne pas hypothéquer l’avenir. Il y a là quelque chose qui ressemble au règne de Dieu.
Ensuite, il faut remarquer que le grain de blé ou la graine de moutarde sont mis dans le sol, pour parler clairement : ils sont inhumés. Jésus remarque autre part que le grain de blé jeté en terre « meurt » (Jn 12, 24) avant de produire son épi. Dans les sociétés agricoles, qui sentaient mieux que nous les rythmes de la nature, on avait l’habitude de se représenter la succession des saisons, comme les étapes d’une vitalité perpétuelle : à la mort hivernale succédait cette résurrection qu’est le printemps et cette maturité estivale. La mort et la résurrection faisaient partie de la nature et on comprenait bien que seule la mort peut conduire à la résurrection, de même que seul l’hiver ramène le printemps. Les sociétés agricoles étaient donc mieux capables de comprendre que la mort de Jésus était comme un hiver qui ne pouvait être sans espoir ; au contraire, à cette mort devait succéder une résurrection et une fécondité (et, dans le cas du Christ, c’est cela qui, vraiment, était définitif). Jésus est sorti vivant de son tombeau et ses disciples ont porté l’évangile sur toute la terre. Le Christ est mort seul, et sa résurrection a fait naître l’Eglise. De même le grain de blé meurt seul et fait naître l’épi ; la graine de moutarde meurt seule et produit ce bel arbuste potager. L’épi est au grain de blé ce que l’Eglise est au Christ. Voilà quelque chose qui nous indique le règne de Dieu.
Enfin, Jésus souligne qu’il y a dans cette admirable fécondité quelque chose de mystérieux. Le semeur lui-même n’y comprend rien : « nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment » (Mc 4, 27). Le jardinier, qui connaît les plantes, qui n’ignore rien des rythmes de la natures ni des secrets du climat, ne peut que constater avec émerveillement ce mécanisme étrange de mise en terre, de mort, de décomposition, de résurrection et de fécondité. Dans une société religieuse, il n’est alors pas difficile d’attribuer à la bonté de Dieu cette loi naturelle de la fructification : « Ainsi donc, ni celui qui plante n’est quelque chose, ni celui qui arrose, mais celui qui donne la croissance : Dieu » (1Co 3, 7). Il y a là quelque chose qui enseigne ce qu’est le Royaume de Dieu.
Dans notre monde qui ne sait plus renoncer, qui ne sait plus attendre, qui veut cacher la mort pour ne plus croire à la résurrection, on refuse d’attribuer à la bonté de Dieu le mystère de cette germination bienfaisante. Et pourtant, ce signe du royaume, dans sa simplicité, est là qui nous invite à croire et à espérer : « Soyez donc patients, frères, jusqu’à l’Avènement du Seigneur. Voyez le laboureur : il attend patiemment le précieux fruit de la terre jusqu’aux pluies de la première et de l’arrière-saison » (Jc 5, 7). Celui qui sait lire le Royaume dans les petites réalités de la nature, celui-là est capable d’une vraie espérance : il renonce aujourd’hui pour attendre mieux demain ; il est capable de modérer son appétit aujourd’hui en vue d’une fécondité non seulement future, mais éternelle. Alors le renoncement d’aujourd’hui est déjà une plénitude, car pour ceux qui croient, pour ceux qui espèrent, Dieu est dès maintenant la source de toute bonté et de toute joie spirituelle.


vendredi 5 juin 2015

Fête du Saint Sacrement - année B

Les textes que nous venons d’entendre (Ex 24, 3-8 ; He 9, 11-15 ; Mc 14, 12…26) ont en commun de parler du « sang » (Ex 24, 6 ; 8 ; He 9, 12-14 ; Mc 14, 24). Dans la mentalité moderne, le sang est une substance devant laquelle on est mal à l’aise. On parle de sang en médecine, comme vecteur ou indice de maladies ; on parle de sang en cas de blessures accidentelles ; on parle de sang en matière criminelle, quand il y a meurtre. Le sang est lié à un péril, à une violence. Il nous faut faire un effort pour retrouver la mentalité biblique et mieux comprendre pourquoi le Christ nous a laissé, pour son mémorial, un rite de sang.

Le sang, en hébreu (dam) est probablement nommé d’après sa couleur rouge. Des mots de la même famille désignent la terre glaise, ocre, dont a été fait Adam, ou le vin tiré des raisins vermeils. Au-delà de cette définition visuelle du sang, le langage biblique va reconnaître dans le sang le lieu de la vie : le sang, c’est l’âme. Dans une formule archaïque étonnante, le sang est identifié au souffle : « car la respiration de toute chair, c’est le sang » (Lv 17, 14). C’est pourquoi, parce que la vie est sacrée, le sang est également sacré : on ne doit pas verser le sang des hommes ; on ne doit pas verser le sang des animaux n’importe comment.
Et l’auteur biblique réfléchit encore sur ce qu’est le sang et se demande : pourquoi Dieu a-t-il fait que la vie soit contenue dans le sang, et pas seulement dans le souffle ? La réponse qu’il donne est naïve et admirable tout ensemble : Dieu a mis la vie dans le sang pour que la vie puisse être offerte en sacrifice. On imagine mal qu’on puisse faire un sacrifice par un rite de souffle, un rite dont la matière serait de l’air. Cela serait invisible, imperceptible. Or il faut bien qu’un sacrifice soit une liturgie, et donc que, de quelque façon, il soit visible. Ainsi, pour offrir une vie en sacrifice il est possible de faire un rite de sang. Pourquoi Dieu a-t-il placé la vie dans le sang ? A cette question Dieu lui-même répond : « moi, je vous l’ai donné pour l’autel » (Lv 17, 11) ; Dieu nous a donné le sang pour l’autel, pour l’offrande, pour que nous puissions faire d’une vie vécue, une vie offerte. On comprend alors que, dans la religion archaïque, on ait conclu les alliances avec du sang : conclure une alliance, c’est décider d’avoir une vie commune ; c’est donc avoir un sang commun. Et Moïse couvre l’autel du sang et, avec ce même sang, il asperge le peuple : « voilà le sang de l’Alliance » (Ex 24, 8).
Au soir du jeudi saint, Jésus a fait la même chose, et il a fait bien plus. Il a fait la même chose en ce qu’il a versé du sang pour conclure une Alliance ; il a fait bien plus en versant, non pas un sang symbolique tiré d’un animal, « mais son propre sang » (He 9, 12 ; cf. Ac 20, 28 ; Rm 3, 25 ; He 13, 12. Que devons-nous comprendre ? Le sang de Jésus n’est pas seulement celui d’un homme qui a été condamné et exécuté selon le droit romain. Le sang que Jésus a versé est le signe qu’il nous a offert sa vie ; plus encore ce sang est sa vie offerte. Evidemment, les circonstances ont été violentes sur la Croix : regarder un homme se vider de son sang dans de telles conditions est insoutenable. Mais ce n’est pas la violence qui est le plus important ni le plus réel. Ce qui est le plus fondamental, c’est que Jésus offre à chaque homme sa vie. Lorsque vous recevez la communion (même si vous ne communiez qu’au pain consacré) vous recevez le corps livré de Jésus et le sang versé de Jésus. Il ne vous est pas demandé de subir la violence qu’il a subie ; il ne vous est pas demandé d’endurer les tortures qu’il a endurées. Il vous est demandé d’accueillir sa vie en tant qu’elle est une vie qui vous est offerte : « pour vous » (Lc 22, 20) ; « pour la multitude » (Mc 14, 24).
Jésus n’a pas seulement donné sa vie – comme on dit de quelqu’un qu’il donne sa vie pour une cause. Jésus n’a pas seulement donné la vie – comme on dit que des parents ont donné la vie à leurs enfants. Jésus a donné sa vie de la manière la plus réelle qui soit en nous offrant ce qui constitue le siège de la vie de tout homme, son sang, et en le donnant dans l’offrande ultime et définitive qu’il a fait de lui-même en notre faveur : son sang était pour l’autel, pour le sacrifice, pour l’Alliance, pour la vie offerte, pour nous. Dans chaque eucharistie, en contemplant le mystère du sang versé, du sang que Dieu nous a donné pour l’autel, nous découvrons avec émerveillement que la vie ne vaut que dans la mesure où elle est offerte. Vivre, ce n’est pas posséder la vie ; vivre, c’est offrir la vie. L’eucharistie nous montre que Jésus avait compris cela ; en communiant, nous montrons que nous voulons, nous aussi, comprendre et vivre cela. Certes, ce n’est pas simple ; mais entrer dans une telle intelligence oblative, c’est vraiment devenir libre.

Illustration: corbeille de pains, détail d'un sarcophage chrétien (Arles).


vendredi 29 mai 2015

Dimanche de la Sainte Trinité - année B

La finale de l’évangile selon saint Matthieu (28, 16-20) nous rappelle que le mystère de la sainte Trinité, que nous fêtons en ce jour, n’est pas d’abord un traité de théologie. Nous connaissons la Trinité avant tout parce que nous avons été baptisés « au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit » (Mt 28, 19). La réalité trinitaire, en effet, est d’abord ce dont on fait l’expérience dans la liturgie. Les formules trinitaires éparses dans le nouveau Testament sont des salutations rituelles que les premiers chrétiens utilisaient comme expression de leur charité mutuelle : « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint Esprit soient avec vous tous » (2Co 13, 13). Telle est la manière dont nos pères dans la foi se souhaitaient du bien.

Aussi, on comprend que le mystère de la Trinité et le mystère de la charité sont un seul et même mystère. On peut accueillir sans réserve cette clef de lecture que nous fournit saint Augustin : « Tu vois la Trinité, si tu vois la charité »[1]. Partout où la liturgie nous indique le mystère de la Trinité, c’est pour mieux nous introduire dans la logique d’une charité ecclésiale. Que signifie que nous ayons été baptisés dans la Trinité, sinon que nous avons été plongés dans la charité ? Que signifie que nous nous adressions des salutations trinitaires, sinon que nous nous parlons dans la charité ? Si le mystère de la Trinité constitue l’horizon de toute la vie chrétienne, c’est parce que la réalité de la charité est le cœur même de toute vraie spiritualité.
Après avoir confié à ses apôtres le ministère baptismal (« baptisez-les… » ; Mt 28, 19), Jésus ajoute : « apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé » (Mt 28, 20). Qu’est-ce que Jésus a donc commandé ? L’évangile répond évidemment à cette question en mettant en relief les deux commandements qui sont « semblables » : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu » ; « tu aimeras ton prochain comme toi-même » (cf. Mt 22, 36-40). Être baptisé dans l’amour et observer le commandement de l’amour, aimer Dieu et aimer l’homme (qui est semblable à Dieu ; cf. Gn 1, 26), telle est la cohérence d’une vie chrétienne. Et, vous le voyez, c’est bien le mystère trinitaire qui donne à tout cela sa structure, sa logique profonde.
Il se peut, cependant, que devant le mystère trinitaire, on ait des « doutes » (Mt 28, 17) : cette vérité d’un Dieu unique en trois Personnes dépasse tellement ce qu’on peut concevoir. Il se peut aussi que devant l’exigence de l’amour, on ait des doutes : ce commandement est d’une radicalité vertigineuse qui surplombe les possibilités de notre cœur étroit et mesquin. Il est si difficile de croire ; il est si difficile d’aimer. Dans les deux cas, le doute est le même. Dieu peut être ce qu’il est, mais que m’importe si je suis englué dans ma médiocrité : j’ai peur de croire, car je voudrais des preuves ; j’ai peur d’aimer, car je crains de souffrir.
Le Christ, qui a partagé notre misère sait bien que nous ne pouvons pas croire si nous sommes seuls, que nous ne pouvons aimer s’il ne vient pas lui-même aimer en nous. C’est pourquoi la dernière parole de Jésus est un mot de réconfort : « je suis avec vous tous les jours » (Mt 28, 20). « Tous les jours », c’est-à-dire : non seulement quand tout va bien ; mais aussi (et surtout) quand tout va mal. Jésus est avec nous dans la consolation et dans la désolation[2]. Quelle que soit donc la situation spirituelle de notre âme, favorable et sereine, angoissée et lasse, Jésus est avec nous : il l’a promis, et il ne peut nous décevoir.
Faire ainsi, dans la prière de l’Eglise, l’expérience d’une charité qui nous précède, qui nous accompagne, qui nous enveloppe, c’est déjà, autant qu’il est possible ici-bas, « voir la Trinité ». Ce désir de voir Dieu est ainsi purifié sans cesse par l’exigence toujours plus urgente d’une charité vraiment active. Il n’y a pas d’autre voie possible : pour connaître Dieu, il faut aimer. A ceux qui pensent que le mystère de la Trinité est une idée abstraite, un dogme lointain, on peut ainsi répondre par le témoignage bien concret d’un amour toujours plus authentique. Ainsi, « avec nous seront grâce, miséricorde et paix, de la part de Dieu le Père et de Jésus Christ, le Fils du Père, dans la vérité et dans la charité » (2Jn 3).




[1] « Immo vero vides Trinitatem si caritatem vides » (saint Augustin, De la Trinité, VIII, 8 ; cfBenoît XVI, Lettre encyclique Deus caritas est, n° 19).
[2] « J’ai l’habitude de visiter mes élus de deux manières : la tentation et la consolation » (Imitation de Jésus Christ, III, 3). 

vendredi 22 mai 2015

Pentecôte - année B

 
Basilique Saint Pierre - détail du baldaquin et de la coupole

A qui pouvons-nous obéir pour être libres ? N’ayons pas d’illusion : n’obéir à personne constituerait sans aucun doute le pire des esclavage et – si tant est que ce soit possible – cela ne conviendrait pas à l’homme, et nullement au chrétien. Les formules du style : “ni Dieu ni maître” n’ont jamais libéré qui que ce soit et n’ont conduit personne au bonheur véritable. Nous avons besoin de Dieu, nous avons besoin d’un maître. De manière plus constructive, nous pouvons exercer notre liberté fondamentale pour choisir à qui nous voulons obéir. Et ainsi, notre vie est orientée dans une direction ou une autre, selon ce que nous avons choisi librement. Saint Paul illustre deux directions possibles et opposées concernant le choix que nous pouvons faire : voulons-nous obéir à la chair ? ou bien voulons-nous obéir à l’Esprit ? (cf. Ga 5, 16) Voyons donc où chacun nous mène.
Obéir à la chair, cela revient à faire de soi-même, de son corps, de ses conditionnements biologiques et sociologiques une norme de nos actions. Réduire l’homme à n’être qu’un animal un peu plus développé, sans remarquer qu’il a une conscience ; penser que nous avons un destin devant lequel nous ne pouvons pas décider ; croire que la morale ne serait qu’une expression de la biologie ; se résigner à vivre dans un monde où il faut se conformer, en paroles et en actes, à l’opinion du plus grand nombre. Evidemment, alors : à quoi bon lutter ? à quoi bon se battre pour élever le niveau ? à quoi cela sert-il de défendre des convictions ? Avec de tels principes, il est sans doute facile de vivre, mais il est impossible de vivre heureux. Il faut prendre le temps de bien lire ces listes étonnantes dans lesquelles saint Paul décrit la finalité des œuvres de la chair : « débauche, impureté, obscénité, idolâtrie, sorcellerie, haines, querelles, jalousie, colère, envie, divisions, sectarisme, rivalités, beuveries, gloutonnerie et autres choses du même genre » (Ga 5, 19-21). Aujourd’hui on dirait : « pornographie, alcoolisme, drogue et délinquance ». Cette accumulation de termes peu plaisants et peu complaisants nous submerge peut-être. C’est sans doute ce que saint Paul a voulu, pour bien montrer le dégoût, la nausée qui est le résultat de l’obéissance à la chair.
Nous pouvons au contraire obéir à l’Esprit. Qu’est-ce à dire ? Depuis notre confirmation, nous avons reçu l’Esprit de Dieu afin que nos actes soient désormais guidés et soutenus par une force nouvelle. Cet Esprit Saint nous montre sans cesse la lumière de la vérité et, dans notre conscience, nous permet de comparer les règles de nos actions à la parole de Dieu. Lorsque je suis placé devant un choix, je peux consulter l’Esprit Saint et, éclairé par lui, il m’est possible et facile de décider une action juste, vraie, une action sainte. Ce n’est pas que cette action soit, en elle-même, toujours aisée ; parfois cela demande un sacrifice, un effort, parfois cela coûte. Mais, si l’action reste difficile à accomplir, elle est aisée à décider.
Comprenez bien qu’il ne s’agit pas, pour obéir à l’Esprit, d’obéir à une autorité extérieure à nous-mêmes. Personne n’obéit jamais à une autorité extérieure. Obéir à l’Esprit, cela veut dire exactement : laisser sa conscience être éclairée par l’Esprit Saint et ensuite obéir à sa conscience. Nous n’obéissons pas à Dieu de telle sorte que Dieu nous contraindrait de l’extérieur. Nous obéissons à Dieu de telle sorte que Dieu nous montre, dans le sanctuaire de notre conscience où est la vraie liberté ; et alors, en conscience, nous pouvons obéir à la liberté. Notre conscience est plus intime à nous-mêmes que notre chair. Obéir à la chair reste donc une obéissance plus extérieure, plus superficielle, que d’obéir à sa conscience, que d’obéir à l’Esprit.
Prenons le temps encore de lire cette longue liste que donne saint Paul : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi » (Ga 5, 22-23). Evidemment, la maîtrise de soi, la bienveillance, l’humilité sont très exigeantes. Cela demande un travail sur soi-même, un combat contre la facilité de la chair. Mais alors que la chair ne produit finalement que trouble et désespoir, l’Esprit nous ouvre à la joie et à la paix. Il ne s’agit pas de faire de publicité mensongère : obéir à l’Esprit est plus laborieux ; se laisser conduire par la chair semble plus naturel, plus simple. Mais pour être juste, il faut dire aussi que le travail de l’Esprit nous guide plus sûrement vers un bonheur authentique, tandis que les inclinations de la chair, incohérentes et tyranniques, nous enfoncent rapidement dans des ténèbres effrayantes.
Alors, qui voulons-nous suivre ? Nous sommes placés devant un choix. Le choix d’un côté ou de l’autre est libre. En revanche il est nécessaire de faire un choix ; nous ne pouvons pas ne pas choisir. Saint Paul a voulu nous donner quelques critères de discernement, quelques repères utiles. Mais saint Paul n’a pas choisi à notre place : il nous guide, il nous éclaire, mais c’est à chacun de nous qu’il revient de décider qui sera notre maître. Et pourtant, si nous sommes chrétiens, nous savons bien que nous ne sommes pas seuls devant ce choix. Nous sommes soutenus par la foi des autres croyants, nous nous soutenons mutuellement dans la prière. Ayons assez de courage pour nous laisser guider par l’Esprit Saint, pour nous tourner vers le vrai bonheur ; nous ne serons pas déçus.


vendredi 15 mai 2015

7e dimanche de Pâques - année B


Malgré quelques bizarreries qui ne peuvent manquer de nous étonner, le récit de l’élection de Mathias (Ac 2, 15-26) est un texte très important pour comprendre ce qu’est l’Eglise. Regardons tout d’abord ce qui est curieux : ce tirage au sort, assurément, est un usage qui est tombé en désuétude. Pour choisir un Pape, un évêque ou un curé, il semblerait absurde d’interroger le hasard. Cette pratique qui est aujourd’hui impossible était pourtant en vigueur dans l’histoire ancienne d’Israël. Le grand prêtre possédait sur son vêtement liturgique une sorte de bijou appelé le « Urim et Tummim » (Ex 28, 30 ; Lv 8, 8) dont on ignore la forme précise, mais dont on sait qu’il servait à dire « oui » ou « non », un peu comme quand on joue à pile ou face (1S 14, 41). Lorsqu’on voulait questionner le Seigneur sur une affaire importante, on formulait une demande en « oui ou non » au grand prêtre, qui répondait en consultant son Urim et Tummim. Cela est donc très loin de notre mentalité, mais nous pouvons comprendre que, dans l’histoire d’Israël et encore à l’époque des Apôtres, on pouvait retenir ce moyen de consulter la volonté de Dieu.

Mais ce n’est pas cela le plus important. Ce qu’il faut voir, dans ce récit, c’est que le groupe des Apôtres se considère comme une totalité. Ils sont les Douze (Lc 6, 13) que Jésus avait choisis personnellement et, après la trahison et le suicide de Judas, ils ne sont plus que les Onze (Lc 24, 9 ; 24, 33). Et cela constitue un manquement grave à la plénitude que Jésus avait voulu instituer. Il faut donc, avant de recevoir l’Esprit Saint, que le collège des Douze Apôtres se reconstitue en tant que communauté complète.
Qu’est-ce donc que l’Eglise ? S’agit-il, pour former l’Eglise, de juxtaposer des évêques les uns à côté des autres ? Si c’était cela, la hiérarchie de l’Eglise serait une collection d’individualismes. Mais telle n’est pas l’Eglise que le Christ a confiée à Pierre ; et Pierre l’a bien compris : c’est en tant que groupe, en tant que communauté que les Apôtres ont été choisis. Certes, dans ce groupe, il y avait de fortes personnalités, des caractères très différents. Mais l’Eglise fondée par le Christ, ce n’est pas chacun des Douze pris individuellement ; l’Eglise, c’est la communion qui existe entre ces Douze. Aussi, lorsqu’il en manque un, lorsque la communion est amoindrie, l’Eglise est blessée et il faut restaurer le collège apostolique dans son intégrité. Aujourd’hui encore, l’Eglise ce n’est pas chaque évêque tout seul dans son diocèse. L’Eglise, dans son aspect hiérarchique, c’est la communion des évêques entre eux et avec le Pape. Cela, le Concile Vatican II l’a rappelé avec force, montrant que l’exigence de communion épiscopale appartenait à la pratique immémoriale de l’Eglise.

« De même que saint Pierre et les autres apôtres constituent, de par l’institution du Seigneur, un seul collège apostolique ; de même le Pontife romain, successeur de Pierre, et les évêques, successeurs des apôtres, forment entre eux un tout. Déjà la plus antique discipline en vertu de laquelle les évêques établis dans le monde entier vivaient en communion entre eux et avec l’évêque de Rome par le lien de l’unité, de la charité et de la paix (…) signifie le caractère et la nature collégiale de l’Ordre épiscopal »[1].

Certes, chaque évêque est responsable de son diocèse et possède la compétence pour mettre en œuvre la pastorale qui correspond, pour ses diocésains, à la volonté de Dieu. Mais chaque évêque ne possède ce pouvoir, cette mission de gouverner une Eglise particulière, que parce qu’il est en communion avec les autres évêques, concrètement : avec les membres de sa conférence épiscopale nationale et, ultimement (ou plutôt : fondamentalement), avec l’évêque de Rome. Et c’est aujourd’hui le rôle du Pape de faire ce que saint Pierre a fait : lorsqu’il manque un évêque quelque part, c’est au Pape qu’il revient de compléter le collège amoindri et de désigner, parmi les fidèles, un nouveau membre de l’ordre épiscopal : « que l’un d’entre eux devienne, avec nous, témoin de sa résurrection » (Ac 2, 22). L’expression utilisée par Pierre, « avec nous », indique clairement ce qu’est la communion charitable dont les évêques se lient les uns aux autres. Ainsi, l’Eglise c’est d’abord et avant tout la communion des évêques entre eux, c’est la prière des évêques ensemble, c’est la charité mutuelle des évêques, c’est l’accord des évêques sur les grandes questions concernant la foi et les mœurs.
Et pour nous qui ne sommes pas évêques, nous devons prendre exemple sur ce modèle. L’Eglise, ce n’est pas une juxtaposition d’individus qui ont la foi ; l’Eglise, c’est la communion des chrétiens entre eux, c’est la prière des chrétiens réunis, c’est l’amour fraternel dont nous vivons quotidiennement, c’est notre adhésion générale à l’évangile et au symbole de la foi que nous proclamons chaque dimanche. Voilà ce qu’est l’Eglise.
C’est dans cette Eglise, dans une Eglise comprise comme communion entre évêques et communion entre fidèles, que l’Esprit Saint peut venir. L’Esprit Saint ne désire pas venir si chacun se préoccupe de lui seul, si chacun fait ce qu’il veut sans tenir compte des autres. L’Esprit Saint ne peut venir sur ce qui est divisé, sur ce qui est égoïste. L’Esprit Saint ne sait que rassembler, il ne sait qu’unir ; il ne sait que renforcer la communion entre les hommes. Dans l’attente de la Pentecôte, nous aurons à cœur de vivre consciemment, concrètement, de l’unité ecclésiale. Alors nous pourrons prier d’un cœur sincère : « Viens, Esprit Saint en nos cœurs ».




[1] Concile Vatican II, Constitution dogmatique sur l’Eglise Lumen Gentium, n° 22.

Illustration : Le Concile Vatican II (porte de la Basilique de Saint Marie Majeure – Rome).